That's Life !

Regard amusé d'un humaniste engagé, passionné de mécénat, de voyage et de découverte des autres !

J’ai faim


Aujourd’hui, c’est tout le texte qui est une oeuvre… Ecoutez le titre « J’ai Faim » par La Canaille sur Deezer en cliquant ici.

J’ai faim, de sens, de fond, j’ai besoin de lumière, de réponses à mes questions

Mon cerveau en péril réclame en vain sa nourriture : La qualité, la finesse et du style, pas de la pourriture.

Donne-moi l’ivresse de pensées claires et limpides de mots vrais qui vieillissent et ne prennent pas une ride

J’suis bien trop curieux pour être contenté des miette rester condamné à n’évoluer, être au raz des pâquerettes

Alerte permanente, je veux rester réveillé, affuter mes vers pour me défendre sans bégayer, déjouer les pièges et éviter les raccourcis, éviter le temps est mon ennemi si le champs se rétréci

Pour, faut que j’emmagasine, vu que je laisse aller la prose sans renier mes origines et bien avant que je me décompose, vite, besoin d’évasion, de sources d’inspiration, de toutes ces voies qui ouvrent le chemin de l’émancipation

J’ai faim.

J’ai faim, une faim d’crève la dalle, un appétit féroce qui peu à peu sort de la cale et qui s’anime, à l’approche de chaque nouveau niveau, j’me renforce, m’endurcis, j’ai les crocs, parole de morico.

Claque le bec des pédants, des prétentieux, dans ma bouche, la langue française prend l’accent de la banlieue et c’est tant mieux, ça dérange, ça devient explicite, tout d’un coup les oreilles sifflent car le contenu est illicite

Oui le prolo s’exprime et le propos est maîtrisé, incroyable !

Viens, tu va t’faire ridiculiser !

À me prendre pour un con, je crois que j’ai fini par comprendre, si le savoir est une arme alors voila ce que ça engendre, j’irai pécho les munitions dans les livres au cinéma, sur le net, au théâtre comme au bistrot près de chez moi et je te pilonnerai d’un ton froid et ferme conscient de la puissance d’une idée qui arrive à terme, j’ai faim.

Mais qui est donc DD ?


Jacek Tylicki - 365 jours - cette oeuvre date de 1979 !

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais en ce moment c’est la Semaine de DD, autrement dite la semaine du « développement durable » du 1er au 7 avril 2012.

Cela fait dix ans que ça dure, et au bout du compte, nous ne sommes pas nombreux à être au courant de cet événement. Même nos beaux chevaliers prétendants à la Présidence n’en tirent pas argument. Quant à Eva, la verte se remet de ses bleus et elle a d’autres chats à fouetter.

Donc, cette semaine, on parle de DD.

Personne ne viendra contester l’importance du sujet, évidemment. Ce temps de prise de conscience que notre planète est en danger imminent, que nous devons agir chaque jour pour son avenir – et le nôtre – et celui de nos enfants – donc que nous devons faire évoluer nos comportements encore et encore, c’est important. Essentiel.

Si nous sommes familiers avec ce mot, il est pourtant révélateur que pas grand monde… Ne sait ce que ça veut dire. On est comme ça. On ne sait pas ce que ce veut dire, mais on trouve cela très bien.

Cela me rappelle les débuts laborieux du bio dans nos supermarchés : tout le monde était pour, mais personne pour payer la différence, investir un peu chaque jour dans notre avenir. On n’a pas changé.

Il faut dire qu’on est pas aidés : allez chercher la définition de « développement durable » dans le dictionnaire (euh, pardon, sur Google), on ne peut pas dire que cela soit vraiment limpide. Compliqué, trompeur, réducteur ou abscons, difficile de s’y retrouver. Quant à nos guides officiels (je veux parler de nos chevaliers gouvernementaux), peu sont enclins en entrer dans l’explication sans tomber dans l’argumentation politique ou pompeuse à la façon d’un consultant.

Le schéma est classique et connu : nous ne savons pas, nous ignorons, nous attendons qu’on nous explique… Et nous reconduisons nos comportements de consommateurs effrénés. Nous gâchons, jettons, pillons… Nous mangeons trop, nous achetons trop, nous roulons trop ; nous le savons mais nous poursuivons notre quête de besoins inutiles en consommant plus et encore plus.

Ce qui est cocasse dans cette histoire, c’est que le thème de la Semaine de DD cette année est « soyons tous consom’acteurs » !

Pourtant, des efforts sont faits et ils sont mesurables. On peut critiquer le Grenelle de l’Environnement, les taxes sur la pollution, les énormes investissements des industriels pour rejeter moins de polluants, tout cela produit des effets. Même nous, on commence à trier nos déchets, on n’a plus le choix. Le problème est qu’à part le fait qu’on nous y oblige, on ne sait pas vraiment pourquoi !

Toujours ce problème de sens…

Le club des moutons à 5 pattes.


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Vous l’avez forcement remarqué… les recruteurs sont de plus en plus frileux et difficiles à convaincre.

Etes-vous dans le club très fermé des moutons à 5 pattes ?

D’expérience, vous ne faites pas partie du club. Personne n’en fait partie. Pour être recruté (c’est à dire recrutable par celui qui est sensé remplir le.poste disponible), il vous faudra alors penser marketing, merchandising, promotion. Vous devez devenir un objet de communication séduisant, repérable, visible, si possible reconnu. Pour la plupart des candidats, que ce soit pour un poste de direction, de cadre ou de simple ouvrier, cette approche n’est absolument pas naturelle voire elle est rejetée. Tout de même, nous ne sommes pas des produits mais des femmes et des hommes dotés de compétences et de talents. Enfin, c’est ce que nous croyons que nous sommes.

Le problème du recruteur est de dénicher LE profil idéal, quand les recruteurs stressés par la crise rêvent de profils à 5 pattes, c’est son job. Vous n’avez manifestement pas le même point de vue que lui : vous pensez être « l’homme de la situation », il pense que vous pouvez éventuellement répondre à une partie du profil demandé. Vous pensez que vos qualités humaines, votre caractère, votre « empathie » pourront faire la différence : vous vous plantez car vous ignorez tout des critères qui permettront au recruteur de prendre sa décision. Vous pensez que la décision se prendra de manière objective, qualité contre qualité, vous êtes à côté de la plaque : elle sera irrationnelle et dépendra du souvenir que vous avez laissé.

Votre problème est donc très complexe : vous partez sur des bases différentes, votre timing est lui aussi différent. Vous êtes pressé de retrouver du boulot alors que le processus de recrutement sera long, voire très long. Vous voulez maîtriser les différentes étapes et ce n’est pas vous qui êtes maître du jeu. Vous pensez que cela va être assez simple (deux ou trois entretiens, un entretien final) et au bout du compte vous subissez 7 ou 8 entrevues, un entretien collectif, de tests psycho… Vous pensez que finalement vous serez choisi, et au bout du compte le recrutement n’aura peut-être même pas lieu.

Ce jeu est épuisant pour vous, accrochez-vous. On attendra de vous d’être courageux et tenace.

Ça c’est le hors d’œuvre.

Pour le plat principal : votre motivation ne remplacera pas vos diplômes ni votre expérience. Nous sommes en France, et le critère du diplôme va énormément jouer. Dans d’autres pays d’Europe, dans le monde anglophone saxon, ce n’est pas le critère majeur. En France, si. On préférera parfois un jeune peu expérimenté avec un beau diplôme d’une belle école plutôt qu’un autodidacte plus expérimenté. Qui parle de l’emploi des « seniors » ?

Pas le temps,pour le trou normand, passons directement au fromage. Vous serez croqué pour votre réputation. Votre réseau doit parler de vous, un blog, votre présence sur les réseaux sociaux pro est sûrement un plus. Vous devez avoir des recommandations. Bien sûr les photos de beuverie sur Facebook ne sont pas le meilleur atout pour vous. Donc maintenant vous avez compris : vous êtes une marque. Un produit. Tout doit être contrôlé, maîtrisé, parfait. Le,produit et le packaging.

Une petite mention pour votre CV : pourquoi croyez-vous que les candidats rivalisent d’originalité, voire de mauvais goût, dans la forme de leur CV ?

En dessert, si vous arrivez jusque là lors du premier entretien (décisif), on appréciera votre intelligence et votre capacité à vous projeter, à réfléchir, à comprendre. Mais pas trop ! Il est arrivé assez fréquemment qu’un postulant, qui avait jadis créé une entreprise, se trouve totalement disqualifié parce qu’il allait trop vite, droit au but. En réalité, ce n’était pas le seul problème : il faisait peur. Vous projeter oui, montrer que vous avez de l’ambition, pas trop… Paradoxal non ?

Vous êtes un tout, une marque. Vous devez être cohérent, donner confiance, ne pas faire peur, séduire… C’est exactement la même histoire que lorsque vous avez dragué la première fois en boîte : vous prendrez un râteau si vous ne vous mettez pas à la place de la femme que vous désirez. Et si vous n’êtes pas vous même. Ce qui amène le recruteur à vous évaluer à titre personnel, donc prendre une position subjective.

Dur dur lorsque votre vie sociale, votre situation personnelle et votre équilibre sont en jeu.

Découvrez votre voisin !


Etes-vous vraiment d'accord avec la propagande ? Par justonescarf design, groupe artistique digital

La France est un pays très agréable, mais notre société a quelques petits (grands) travers dont nous faisons chacun les frais.

On a une chance folle.

Au chapitre des choses agréables, on peut évidemment citer l’accès de plus en plus facile à Internet et au mobile. Les chiffres sur le sujet sont éloquents, le taux de pénétration du web est très élevé, dans presque toutes les classes sociales maintenant. Comme l’a été celui de la télévision en son temps.

On ne peut que se réjouir de cette chance, bien que nous ne soyons pas toujours enclins à reconnaître que nous l’avons, cette chance. Les français sont trop gâtés aujourd’hui pour se rendre compte que nous vivons dans un niveau de confort et de sécurité incomparable. Il suffit d’aller à l’étranger, pas bien loin, pour s’en apercevoir et relativiser.

Ce qui suit, c’est grave.

J’habite dans le Nord de la France. On peut actuellement voir une campagne de publicité pour un site internet de rencontre, »Celibnord », dont le slogan est « J’ai découvert mon voisin sur Celibnord, et vous ? »

Je dois dire que je suis interloqué par ce message, en ce qu’il démontre l’inéluctable vacuité de nos relations humaines. Je n’ai pas les compétences pour faire une explication de texte, mais… oser titrer que l’on peut « découvrir son voisin » via un site de rencontres sur internet me laisse perplexe et me fait froid dans le dos.

Le voisin est devenu un inconnu (ceux qui vivent à Paris en immeuble en savent quelque chose), voire un ennemi. Et oui. Mon voisin, qui habite à côté de chez moi depuis 10 ans est un étranger, un être à ne pas fréquenter, de toute façon « il m’observe »… avant qu’un site de rencontre ne me le fasse rencontrer.

Je ne sais pour vous, mais personnellement, je trouve assez cocasse de faire parcourir 25 000 kilomètres  à une onde et lui faire traverser une quinzaine de serveurs en Chine, aux US et en Inde pour soudain se rendre compte d’un miracle : à 10 mètres de sa porte, il y a quelqu’un qui vaut sans aucun doute le coup d’être rencontré. 10 mètres, 10 petits mètres… quelqu’un… ouah, c’est incroyable.

Frustré, seul et triste, notre destin ?

Mais jusque là, plutôt que de lui parler, de s’intéresser à lui ou même être à l’écoute, on préfèrera un site internet de rencontres.

Plutôt que d’engager la conversation avec une jolie fille ou un beau mec à la terrasse d’un café, on vérifiera sur son iPhone si dans les parages il n’y a pas quelqu’un qui est connecté « avec un profil compatible » et on lui enverra un SMS. Et plus « si affinités ».

Plutôt que discuter avec son pote au restaurant, on va pianoter sur son téléphone… un SMS (si, si, je vous assure, regardez bien)

Plutôt que d’aider la vieille dame que l’on voit tous les jours avoir des difficultés à traverser la rue, on va l’observer sans bouger et s’apitoyer en se disant que « c’est dur de vieillir ». Et en regardant son corps frêle gîr sur le pavé suite à une manoeuvre imprudente d’un conducteur ivre, on dira « cela devait arriver ».

Bien sûr, on mettra ses vieux parents en maison de retraite aux frais de l’Action Sociale », en étant convaincu que c’est mieux pour eux.

Et on mourra frustré, seul et triste. Peut être même que votre voisin mettra quelques semaines à se rendre compte que vous ne faites plus de bruit. Ou bien à l’odeur.

Peut-être que finalement, c’est bien Celibnord…

Mais pourquoi ???

Sans refaire le monde (ce qui ne m’appartient pas plus que de pouvoir le changer), je voudrais insister sur plusieurs facteurs qui augmentent la distance et la crainte de l’autre :

  • l’école n’enseigne plus les valeurs de civisme,
  • de nombreux parents renoncent à l’éducation de leurs enfants voire en ont peur,
  • les gouvernants montent les communautés les unes contre les autres,
  • le marketing et la publicité segmentent, découpent, trient, évaluent, scorent, targettent, des groupes de population
  • les médias insistent sur nos problèmes de sécurité,
  • les fabricants de technologie promettent la « proximité » sans jamais tenir cette promesse

De cela, personne ne parle, parce que plus personne ne parle. Mais que devenons-nous ? Avons-nous encore la curiosité de l’autre ? Celle de regarder au-delà de notre quotidien, la solitude et la détresse de la petite vieille qui traverse la rue ? Savons-nous ce que vivent les gens dans les pays dont les peuples sont eux réellement privés de liberté de communiquer ? Pouvons-nous rester indifférents à ce point à l’autre ? Spectateur de sa propre vie et que de sa vie ? Simple spectateur…

Ce faisant, nous devenons indifférents à nous mêmes, en tant que personne. Allons-nous attendre de perdre notre intégrité personnelle ?

« Le véritable drame humain est la solitude intérieure de tout être, à laquelle il ne s’habitue jamais« . « Il n’y a pas de pire solitude que celle qui naît de l’indifférence des autres« . La solitude est un arbre sans fruits.

Et vous votre voisin, vous le connaissez ?

Présidentielles : la moule et le rocher


Mimi the clown, artiste spécialiste du pochoir, à Lille.

Ca y est, après le suspense torride et absolument insoutenable auquel nous avons assisté (à défaut de l’avoir vécu intensément, n’éxagérons rien), ça y est… le Ptit Nicolas est candidat à l’élection présidentielle.

Ouah ! Laurence Ferrari, vous savez, celle qui fait le journal le soir sur la chaîne de télé des copains du Petit Nicolas, a posé la question qui était sur les lèvres de tous les français : « êtes-vous candidat » ? Et notre Nicolas de répondre : « chuis candidat » (en vrai, il l’a dit exactement comme çà : chuis candidat). Comme la moule accrochée au rocher du pouvoir, « chuis candidat ». On ne change rien.

Le reste de son discours futur programme est simple : c’est une décision lourde de sens (et de conséquences ?), si la France est forte, les français seront protégés, les changements sont si importants qu’il faut laisser toute sa place à la parole des français. Et la campagne démarre par la visite d’une fromagerie en Savoie.

Ah, bon. Mais là, on peut se poser sans malice la question de la crédibilité : pendant presque 5 ans, Nicolas Sarkozy a toujours vécu en développant son pouvoir et son autorité, en laissant transparaître une nature profonde autocratique, allant de la fermeté au mépris dans certains cas (kärcher, casse-toi pauv’con).

Si la fermeté et l’autorité sont dans son caractère, ce n’est pas plus mal, la France et les français en ont besoin. Mais pas ce sentiment de mépris.

Sur le fond, c’est à peu près tout. Les concurrents en piste vont se régaler de commentaires aussi vides que le discours du président-candidat.

Sur la forme, le ton était incisif mais fatigué. Le Président est fatigué. Ce n’est pas étonnant lorsque l’on passe sa vie dans la cour de récré à jouer à chat perché avec ses camarades de classe et à donner des coups de patte aux chefs des bandes rivales à la sortie.

Et maintenant, il se passe quoi ? Je crains qu’il ne se passe pas grand chose. Les uns diront le contraire des autres, en faisant semblant d’animer un débat démocratique qui depuis bien longtemps est creux et décevant. La crainte est donc que la simili-clarté miroir aux alouettes vienne des extrêmes comme d’habitude. Et qu’un candidat « calme » gagne les élections de justesse. Comme d’habitude. Pour une fois, ce serait bien que ce soit comme d’habitude.

Nos poulains sont en piste. Ils courent dans tous les sens. En réalité, cela ressemble plus à une basse-cour de poulets encerclés de grillage et affolés par l’orage.

Hier, en Belgique, j’ai discuté avec un chef d’entreprise belge francophone (donc : un wallon) et un garçon de café. Le sujet de nos présidentielles est très vite arrivé sur le tapis. Les deux s’amusent tous les jours de l’évolution du débat. « Commedia dell’arte » pour l’un, « théâtre de boulevard » pour l’autre. Eux voteraient Mélenchon, parce qu’il est drôle. Avec un rire de dérision qui en dit long sur l’image que la France donne à l’extérieur.

Faut-il continuer à écrire sur un blog ?


Les trois singes - fronton d'un mausolée japonais édifié en 1634. Ils représentent la sagesse. Ici, parlons plus d'aveugle, de sourd et de muet...

Pourquoi maintenant, pourquoi cette question ?

La source de cette question tient dans une autre : pourquoi est-ce que j’écris ? Et pourquoi je rends public ce que j’écris ?

Difficile de répondre. Un peu comme tout le monde qui pratique régulièrement ces exercice, j’ai plusieurs motivations :

  • j’aime écrire
  • me libérer, écrire est un exutoire
  • partager un point de vue
  • défendre des valeurs auxquelles je suis attaché
  • transmettre une réflexion basée sur l’expérience
  • promouvoir des causes qui ont du sens pour moi
  • me faire connaître
  • me faire apprécier

Bref, écrire est à la fois un miroir égoïste et un porte-voix parfois prétentieux.

Cependant, aujourd’hui, je me demande à quoi cela sert.

En effet, je suis plus que révolté de la façon dont notre pays avance et attéré par le comportement des français en général.

Tout le monde cogne.

Jean-François Kahn titre son dernier livre « Menteurs », Jean Salem « Elections piège à cons », Jacques Attali « Candidats répondez », Serge Coignard « L’oligarchie des incapables », Christophe Dubois « Circus Politicus », Pierre Péan « La République des mallettes », Roland Cayrol « Tenez enfin vos promesses »… franchement, moi, cela ne m’excite pas du tout et ne me donne aucune envie de m’engager dans quoi que ce soit.

Je suggère à un auteur de publier un livre avec le titre « Tous aveugles sans canne blanche« . Notre pays et les français ont fâcheusement tendance à louper les marches de l’Histoire. Autrement dit, à friser la chute dans l’escalier à chaque pas.

Ils sont aveugles et ne se rendent pas compte qu’ils marchent sur un chemin de crête genre lame de rasoir. Pas d’issue : je continue je suis coupé en deux dans le sens de la hauteur (je pense que ça fait très mal), si je fais un pas à gauche je tombe, un pas à droite je tombe aussi. Comment sortir de cette situation ? Ce serait un excellent et amusant exercice de créativité à animer mais je crains fort que la créativité ait quitté nos élites et nous même depuis bien longtemps.

Un nouveau chemin ?

Incapables de « penser autrement » notre avenir ne serait-ce qu’une seconde, de déplacer le cadre, d’avoir notre propre pensée « française » dans un monde global serait générateur d’une nouvelle dynamique, de fierté et nous réconcilierait avec notre identité. Tout au contraire, nous voici en permanence à concilier des inconciliables, à nous bloquer sur des archaïsmes et à garder les yeux fermés. La fameuse statue des trois singes.

Immobiles par la quête obstinée du pouvoir, nos responsables ne trouvent aucun nouveau chemin ni même ne prend le temps découter ses concitoyens et le monde. On préfère écouter les rois de la communication et des sondages. Pitoyable.

Gérer l’urgence.

Découle de cet état la gestion permanente de l’urgence. On « sauve l’Euro », on « sauve les banques », on »sauve la Grèce », on « prend des mesures d’urgence pour la Sécurité Sociale », on « crée la taxe sociale parce qu’il y a urgence ». Mais où est donc la dedans l’action de « gouverner » ? Si « gouverner c’est prévoir », même dans un monde en accélération rapide, nous avons un gros problème de capitaine et d’équipage. Quant aux matelots, ils ne cherchent qu’à conserver leur poste. La voie à trouver n’est certainement dans l’éculé clivage gauche-droite, mais dans un assemblage intelligent de pouvoirs compétents. Impossible en France.

Dans une situation dramatique, on devrait se serrer les coudes. Bien au contraire, la France se fait la guerre contre elle-même et détruit progressivement et durablement toute possibilité de création d’une nouvelle richesse.

Les Français engourdis.

Quant aux Français (je ne sais plus si la majuscule est encore méritée), ils sont pour le moins engourdis. C’est l’hiver, il fait froid, d’accord… les élections arrivent et la campagne ne passionne personne, « ce n’est pas grave ». Il y a de gros sacrifices à faire, « ce n’est pas mon problème ». Les gens se jettent les uns contre les autres dans un mouvement savamment organisé par les élites et les lobbies, « cela n’a rien de choquant ». Vraiment ?

Nos concitoyens sont passés, sans que personne ne bronche, de l’individualisme à une position égoïste ; toute l’énergie individuelle est concentrée sur son propre confort, le maintien de ses avantages et la lutte contre les autres communautés. Pour certains et c’est bien plus grave, sur sa survie physique et psychologique.

Tous les signaux vont dans ce sens : la position archaïque des syndicats (voir Sea France ou Sncm), la posture des salariés qui exigent plus de temps libre à salaire égal, les politiques qui arguent « que toutes les civilisations ne se valent pas » ou encore « qu’il faut une limite à l’exercice de la religion » et qui maintiennent les 35 heures. Quant aux fonctionnaires, ils se mobilisent pour « préserver les avantages acquis » et contre « un jour de carence maladie »… Cela l’indique pas du tout le plaisir d’habiter, de travailler, de vivre et de s’épanouir en France.

Le triangle du sens.

Le problème de fond n’est pas la dette, les banques ou même l’économie en général. C’est un système global qui est en cause : si rien n’a de sens aux yeux des gouvernants, alors rien n’a de sens non plus pour les concitoyens. C’est très logique.

Une équipe n’avance pas si ce qu’on lui demande n’a pas de sens, si celui qui demande ne parait pas légitime et si ce qui est demandé n’est pas crédible. Et bien nous y voilà. Le triangle infernal du sens est posé. On constatera que les trois conditions de l’immobilisme, de la déception, de la frustration sont parfaitement réunies en un beau triangle qui ferait vibrer un mathématicien par sa perfection.

Pas de sens, plus de légitimité, pas de crédibilité.

Et nous on fait quoi ?

L’arme de l’écriture me parait bien faible face à ces tourments. Se battre ? Je n’ai plus envie. Je suis fatigué et déçu. Ce n’est pas une réaction épidermique du genre « les Français me font c… ». Ce n’est pas une crise passagère. Vivre dans ce pays n’a simplement plus de sens.

Se battre ? Oui, mais pour quoi ?

Cela fait bien longtemps que je constate tout cela. Alors j’ai mené des combats. J’ai créé mon entreprise et pendant 12 ans n’ait fait quasiment que me battre pour tous les jours la faire grandir. La banque m’a piégé, puis l’Urssaf, puis le RSI, puis le Trésor Public. J’ai déposé le bilan et aujourd’hui, 4 ans après, j’ai encore le mandataire liquidateur qui réclame de l’argent devant le tribunal de commerce.

Je me suis engagé auprès des jeunes en difficulté pour les aider à trouver du boulot. J’ai modestement tenté de donner à des jeunes, à l’université ou dans des écoles des compétences et les ai entraîné à ouvrir les yeux et à donner du sens à leur projet professionnel, comme un projet de vie. J’ai oeuvré avec d’autres chefs d’entreprises pour promouvoir le métier de dirigeant et d’entrepreneur. J’ai défendu des entreprises et des marques sur leurs marché, en France, à l’international, et entraîné des jeunes créateurs à gagner de la confiance en eus et leur projet. J’ai développé les ressources d’une école pour mener à bien des projets d’insertion de jeunes de ZEP.

Je m’étais dit que c’était un bel engagement que d’entreprendre tout cela. Je ne regrette rien : l’engagement individuel est c’est sans doute la seule arme que l’on a à sa disposition pour créer et faire avancer quelque chose. Nous avons sur ce point aussi un gros problème : on créé de plus en plus d’entreprises sans passion et sans réelle volonté. Et un second gros problème : l’Etat se désengage fortement du volet social et se laisse totalement déborder pas les associations qui comblent le vide. Par dépit.

Mais la france, ce n’est pas l’engagement individuel de ces habitants, qui marchent dans le noir en comblant les manquements graves de l’Etat.

Créer son entreprise n’est pas entreprendre.

C’est pour beaucoup un sauf-conduit parce qu’on ne trouve pas de boulot. C’est un palliatif à l’inefficacité de Pole Emploi qui n’arrive toujours pas à comprendre les métiers nouveaux, les passerelles entre métiers et compétences et les problématiques individuelles parfois tragiques.

Entreprendre est pour le Gouvernement un moyen de résoudre une partie du chômage. C’est un acte mécanique, une procédure et une façon de travailler « hors statistiques ».  Hors entreprendre est tout le contraire : c’est une prise de risque inouïe et courageuse, dans laquelle on a besoin d’être soutenu par une dynamique de création de valeur.

Entreprendre pour un entrepreneur, c’est sa vie. On ne donne pas sa vie pour compenser les lacunes béantes d’un système obsolète.

Créer son entreprise est dans ce contexte est un triple échec : on ne gagne pas d’argent, on se casse la figure et on constate que le système n’est pas efficace. Le chemin de crête.

Quelle tristesse.

Dans cette ambiance d’une tristesse infinie, à quoi cela sert-il encore de chercher à promouvoir ses opinions en écrivant ? Est-ce que cela sert à quelque chose ? Je n’en sais plus rien. Mais ça m’a fait du bien de l’écrire.

Le test « sans media pendant deux semaines »


Arne Quinze - l'art subtil de la complexité dans laquelle on se sent bien. Cliquez sur la photo pour en savoir plus

Je viens de faire un test : ne pas regarder les infos, ne pas les écouter, ne pas les lire nulle part. Essayer le plus possible de ne pas me tenir au courant de ce qui se passe. Pendant deux semaines.

  1. Premier constat : cela ne me manque pas du tout. Aucune frustration. Je vis même mieux, plus positif.
  2. Second constat : je ne vois pas ce que les infos m’apporte. En quoi elles me nourrissent. Puisque cela ne me manque pas, c’est que la valeur de leur contenu est neutre. Je serais journaliste, je m’inquiéterais de ce problème au plus vite.
  3. Troisième constat : cela change ma vision du monde. Je peux mieux me recentrer sur l’essentiel et sur les personnes qui m’entourent. Parce que je retrouve un peu de sourire et que je suis un peu plus sensible à eux, pas au monde inateignable.
  4. Quatrième constat : je deviens plus sélectif sur l’information que je consomme. Parce que je choisis et que je refuse qu’on me l’impose.
  5. Cinquième constat : je me sens plus libre, en ayant le sentiment de ne plus être manipulé. On parle beaucoup de connivence pouvoir-médias. Je me rends compte que c’est absolument vrai. Donc je me forge mon opinion différemment.

Aujourd’hui, j’ai arrêté l’expérience et allumé la télé : Babar vient de faire son discours programme. Les gourous UMP réagissent. Petites phrases assassines, contestations fébriles. Et je me dis que vraiment ces gens ne comprennent plus le monde dans lequel on vit ni nos besoins. Ils formatent un décryptage pour mieux être élus. Ils mâchent le travail de synthèse que normalement les journalistes devraient faire – et qu’ils ne font plus depuis bien longtemps. Ils tiennent la plume et l’esprit.

Je refuse de continuer à vivre cela. Je suis un homme libre de penser ce que je veux, pas ce qu’on me dit de penser. Le système médiatique et politique vont dans le sens opposé. Eh ! on se réveille les gars, c’est la France qui est en jeu, 65 millions de personnes. Ce n’est pas rien tout de même !

Je vais donc poursuivre mon expérience. J’éteins la télé.

Ryanair : toute une aventure !


Le Voyage par Zou-Artiste-Peintre

Un peu de sourire dans la grisaille de l’actualité, dans cette campagne présidentielle où rien ne pousse (en fait, rien ne germe sur cette terre aride), dans cette journée pluvieuse.

Avez-vous déjà pris un vol Ryanair ? Oui, sûrement, puisque c’est aujourd’hui la compagnie « pas chère » (cela reste à prouver) et, en nombre de passagers, dépassant British Airways.
Pour ceux qui ne connaissent pas (et les autres, cela vous rappellera de bons souvenirs), voici quelques informations importantes à prendre en compte avant votre voyage.
Si vous aimez le jaune et le bleu, pas de souci, si vous préférez le bleu doux d’Air France ou le jaune ensoleillé d’Iberia, vous devrez prendre des lunettes de soleil hyper mode et surtout teintées pour adoucir la sensation quelque peu perturbante et le vertige que cela peut provoquer.
N’oubliez pas de vous enregistrer en ligne 15 jours avant (pas avant) ni d’imprimer vos papiers pour le check in avant de partir, sinon, tatata 40 euros à Charleroi.
Une fois arrivé à proximité de l’aéroport de Bruxelles Sud-Charleroi, échauffez-vous. La parking pas cher est à quelques centaines de mètres à pied, avec un peu de chance, il ne pleuvra pas et vous pourrez marcher à découvert en évitant la boue. Les bottes sont inutiles, les flaques sont peu profondes et avec l’épuisement on ne sent pas l’humidité monter le long de la jambe. Et puis les enfants adorent sauter dedans.
Reprenez votre souffle en faisant la queue au café de l’aéroport, une petite demie-heure suffira à vous relaxer et accéder au comptoir. Préparez tout de même quelques euros, le café est assez cher au litre à cet endroit.
Viendra alors le moment tant attendu de se débarrasser de vos bagages. Les enfants seront sans aucun doute déjà un peu fatigués, donc énervés, et si ce n’est pas le cas, comptez sur les enfants des autres voyageurs. Les personnes agenouillées au guichet ne font pas la prière malgré le ramadan en cours : elles vident l’excédent de poids de leur bagage pour éviter une surtaxe de 50 euros au kilo et transfèrent celui-ci dans leur bagage cabine (voir plus loin).
Sur les vols Ryanair voyagent des gens qui ne savent pas voyager. Munissez-vous de votre plus beau sourire zen, de votre détachement le plus grand et de toute la compassion dont vous êtes capables pour faire la queue à la sécurité, où vous serez contrôlés au moins 4 fois.
Le premier contrôle est sans souci, un gros noir ou une déesse belge blonde vous accueillera avec un grand sourire, scannera votre billet et vérifiera avec une rigueur exemplaire si votre bagage cabine rentre dans le casier de mesure. Ne vous étonnez pas de voir encore une fois des drôles de gens faisant au sol un massage violent à leur bagage ouvert, et oubliant çà et là sur le sol un string léopard ou un ours en peluche (: il FAUT que ça rentre, et il FAUT que cela ne pèse pas plus de dix kilos, et il FAUT un seul bagage et pas deux. Sinon, vous ne passez pas et devez refaire la queue pour enregistrer votre bagage cabine. Restez positifs : personne ne vous regarde, et tout le monde fait la même chose. Si tout va bien on vous invitera à passer à l’épreuve suivante de Fort Charleroi : le contrôle des bagages cabine.
Ici se trouvent mélangés des petits vieux, des baba cools, des familles nombreuses, des japonais égarés, quelques gens normaux irrepérables et des étudiants avec des petits sac à dos. Mention spéciale pour eux : ils gardent leur sac sur leur dos, donc quand ils se retournent, reculent ou changent de file, vous les avez dans le nez. Leurs sacs à dos. Certains prennent l’avion pour la première fois et vivent le syndrome de la découverte Ryanairoise : Mon passeport où est-il ? Tu as la carte d’embarquement ? Je t’avais dit qu’il fallait mettre moins de choses ? Je suis perdu, y a quelqu’un ? Il faut faire la queue combien de temps ? Y a un numéro de siège ? Quoi, il faut que j’enlève mes chaussures ? et plein de choses subtiles du genre. Mais les belges sont disciplinés et patients, donc pas d’inquiétude, tout est normal. Quant aux français, de leur humour délicat, ils crient à la cantonade « mais où est le père fourras ? » (Rires)
Un temps incalculable plus tard (ça peut être très rapide quand même), vous posez votre bagage sur le tapis, passez le portique, cela fera bip (il y en a qui sonnent à chaque fois), donc on y retourne, on sort TOUTE la monnaie des poches, on enlève la ceinture, la montre, éventuellement le soutien gorge à armature multi renforcée et la gaine, les chaussettes, parfois les tongs (çà, c’est moi)… si un enfant sonne, on ne rougit pas de voir les peluches de leur sac étalées sur le tapis, et surtout on reste souriant et aimable.
Contrôle des passeports, regard aiguisé et métallique du douanier belge, non vous n’êtes pas (encore) coupable, don’t worry. Et vous êtes heureux : vous n’êtes pas dans un aéroport flamand mais wallon, donc légèrement plus cool.
Enfin ! Le duty free, le café de la salle d’embarquement, les croissants et les sandwiches, dans un confort et un silence remarquable dignes du lounge d’Air Zaïre. Vite, s’assoir… enfin partir à la quête d’un siège, et attendre sagement en observant les mêmes gens s’agglutiner au comptoir de l’hôtesse, qui n’est pas là. Premier arrivé, premier servi. Autrement dit mieux vaut attendre debout au comptoir qu’assis loin du comptoir. Ryanair, c’est le bus de l’air, on se serre au fond et on s’assoit où on peut sauf sur les genoux de l’hôtesse (attention !, elle sont redoutables de séduction et de kilos).
L’annonce libératrice se fait entendre, écoutez bien c’est en flamand et en français parlé flamand, ne la loupez pas il n’y en a qu’une. De toute façon, le vrai signe est celui du lever de voyageurs, vous sentez une vague rapide se concentrer et compresser les gens qui sont restés debout près du comptoir.
Tout est en ordre ? Ressortez votre passeport, gardez les enfants près de vous et attendez qu’on vous dise de bouger. Dernier contrôle, on déchire votre feuille d’embarquement avec une règle (un vieux souvenir de l’école) et hop la marée se dirige vers le tarmac où vous allez affronter stoïquement la pluie et le vent une dernière fois pour rejoindre l’aéronef bleu et jaune. Ressortez vos lunettes teintées.
Après avoir couru pour arriver le premier dans l’escalier, vous attendrez encore un peu sur les marches, ce n’est pas Cannes mais les tropiques canariennes ou tunisiennes qui se profilent. En haut, un bonjour incompréhensible mais libérateur vous sera adressé avec le sourire par l’hôtesse, qui vous demandera votre carte (enfin votre bout de papier déchiré) d’embarquement. Un coup de stylo et sonnez trompette, vous êtes dans l’avion.
Vous pourrez vous familiariser plein de langues étrangères : finlandais, italien, espagnol, anglo-irlandais… . L’équipage, toujours sympa, vient de partout sauf de France. Remarquez les gens trop petits qui n’arrivent pas à mettre leur bagage dans le casier, aidez-les, cela vous évitera de prendre dans le nez leurs bourrelets dépassant de leur chemisier trop court qui est vraiment trop court quand ils lèvent les bras au ciel.
Après cette vénération au dieu Ryan, ne restez pas les bras en l’air et asseyez-vous où vous voulez (pouvez) sauf aux rangées 3 et 4, allez savoir pourquoi. Vous êtes assis sur de magnifiques sièges en cuir bleu (si si en cuir). Vous aurez donc tout le plaisir d’écouter avec attention… les publicités et les coups de trompette avant le décollage, accessoirement les consignes de sécurité.
Si le vol part à l’heure, il arrivera à l’heure. S’il part en retard (souvent) il arrivera à l’heure quand même. Entre temps, profitez de votre détente, et appréciez les nombreuses propositions qui vous seront faites : cartes à gratter pour gagner le million Ryanair, cartes de téléphone Ryanair, boutique pas cher Ryanair, sandwiches chauds, pizzas et café Ryanair, magazine Ryanair (très bien fait). Sur un vol de 4 heures, cela distrait.
Dernier mot d’ordre pour le vol : anticipez. Si vous avez besoin d’aller aux toilettes. Il y a souvent la queue et pas beaucoup de toilettes (ceci explique sans doute cela).
Si vous arrivez à l’heure, trompette ! « Another Ryanair ontime flight ». Bravo au pilote, qui sera largement applaudi et bénéficiera de l’hommage criant de la foule en liesse. Et des français qui oseront une blague du genre « a ebn jamais j’aurais cru qu’il y arriverait ». (Rires)
Aéroport, récupération des bagages, rapide, et en avant pour le soleil.
Au retour, c’est comme à l’aller, la pluie en moins, sauf à l’arrivée.
Voilà, Ryanair est une expérience inoubliable, efficace, souriante et rapide.

SeaFrance, syndicats et politique : quel naufrage !


« La Noyade », par la talentueuse photographe Virginie Plauchut. Achetez son livre !

Dans l’article « La très triste histoire de Rintintin et Ratapoil« , je vous racontais comment pouvait se passer l’exécution d’une entreprise.

Une alchimie subtile entre l’incompétence de dirigeants et des représentants du personnel a mené à la catastrophe, tout le monde en étant conscient mais personne ne faisant rien pour écoper et boucher les trous. Et comment le mensonge conduisait à la catastrophe. Il y avait 35 emplois en jeu. Entreprise liquidée, 35 demandeurs d’emploi et un outil industriel + un savoir faire évanouis en 10 jours.

SeaFrance nous montre un exemple un peu différent, mais qui a de quoi faire froid dans le dos et mettre en colère n’importe quel entrepreneur, et qui devrait mettre en colère nos responsables politiques. Devrait, car je doute que cela émeuve grand monde dans cette sphère.

En deux mots, SeaFrance vient d’être l’objet d’une décision du tribunal de Commerce de Calais : « liquidation définitive ». Contrairement à ce que disent les salariés dans les médias aujourd’hui, ce n’est pas fini : c’est maintenant que les repreneurs vont se manifester. On attend effectivement toujours la liquidation pour céder les actifs, payer les dettes et reprendre une partie de l’activité. Négocier le bout de gras.

Dans son activisme forcené, le chevalier Sarkozy a déjà récupéré l’événement, et continue en indiquant qu’aucun salarié ne sera sur le carreau. N’en n’étant pas à son coup d’essai, il y peu de chances que cette affirmation soit suivie d’effet, comme à Gandrange ou dans bien d’autres circonstances.

Au-delà de cet interventionnisme qui vire au pathétique et des conséquences sur la crédibilité du politique en général sur l’action économique et sociale,n il y a un élément encore plus important à ne pas oublier.

SeaFrance a été liquidée par ses propres salariés, sabordée par ses syndicats et étouffée par le système de gouvernance.

Dans ce cas comme dans beaucoup d’autres, les responsables syndicaux ont toujours mené une guerre dogmatique et militante contre la direction, faisant grève sur conflit. Didier Capelle, CFDT, va jusqu’à dire que « Sarkozy a été hypocrite et malhonnête ».

Il est très intéressant de noter que François Chérèque lui-même vient de déclarer les responsables CFDT de SeaFrance hors jeu. Imaginez ceux-ci s’enrichir sur le dos de l’entreprise, par détournement de chiffre d’affaire et de fonds du Comité d’Entreprise ? C’est ce qu’annonce aujourd’hui M. Chérèque. Espérons que pour une fois, la justice pourra juger ces personnes en toute indépendance et sans régime de faveur.

Le système de gouvernance, lui, a été victime d’un jeu politique incessant, entre interventionnisme de l’Etat, consignes et « placements » de la SNCF, dépendance de fonds régionaux et départementaux. Comme à la SNCM, qui elle tient miraculeusement le coup (le statut particulier de la Corse doit y être pour quelque chose).

Les Anglais doivent bien s’amuser : eux qui prônent la libre concurrence, l’autonomie financière et politique, la responsabilité individuelle et collective… Il y a effectivement de quoi rire jaune en voyant autant de gâchis généré par des intérêts le plus souvent personnels.

La foire est ouverte : les bateaux seront rachetés puis loués à une autre compagnie, la compagnie, qui changera sans doute de nom, reprendra le tiers des salariés les moins problématiques, et puis voilà. La vie continue.

Que c’est triste.

Mon voeu pour 2012 : profiter de chaque seconde


Willi Ronis est un maître de la patience et de l’attente : saisir le moment, le seul moment. Ici, la femme que vous aimez est en retard et se dépêche, patience !

Cet article est la réponse au « petit jeu » (oui je sais, cela fait un moment, mais pour écrire, il faut trouver LE moment) : relisez donc les situations décrites sur ce billet (cliquez ici) : toutes celles-ci montrent des situations où le silence et l’attente sont absents.

Reprenons l’anecdote – vécue – de la salle d’attente du psychologue. La télévision hurle les Feux de l’Amour. Les patients attendent en envoyant des sms. Aucune concentration, aucun calme.

Entre le moment où l’on entre et le moment où l’on est reçu par le psychologue, que se passe-t-il ?

  • je reste connecté : téléphone 3G, télé dans la salle avec les infos en continu, dernier sms, musique dans les oreilles. Je suis resté dehors, dans le monde de dehors, celui où je souffre et où tous mes repères me semblent instables. Un monde dans lequel je ne suis pas bien.
  • je débranche : silence,pas de télévision, pas de bruit, téléphone éteint, attente calme. Je suis dedans, je crée la rupture avec dehors, je profite de ces minutes pour faire la transition avec mon rendez-vous. Une respiration. Je peux ainsi désirer rencontrer mon psy, me préparer aux choses essentielles qui arrivent dans quelques minutes. Je me prépare à être accueilli et à profiter d’un moment rare.

Sur un plan plus général, on a tous des expériences quotidiennes qui montrent que l’on ne se donne pas le droit au temps « calme » : on remplit sa journée de tout ce qu’on peut. Mais pourquoi ?

  • pour rompre sa solitude : une solution qui fait illusion un temps. Faire quelque chose, c’est ne plus être seul : on dilue sa solitude et l’on ne change rien à sa perception de soi et de l’extérieur. Effet garanti sur l’estime de soi. Plus dure sera la chute…
  • pour exister : en manque d’amour, on se satisfait facilement des technologies pour se relier aux autres. Dans le remplissage continu d’informations, notre coeur étouffe de ne pouvoir s’exprimer. Notre esprit s’encombre de savoirs inutiles.
  • pour compenser : nous compensons dans l’action notre souffrance. Un sauf-conduit maladroit et surtout une conduite qui nous amène à encore plus de souffrance.

Dans l’immédiateté et le remplissage, on fabrique la précarité de notre vie : en l’absence de la capacité d’attendre, nous devenons inquiets et fragiles. Notre souffrance culmine. Voulez-vous vraiment devenir un précaire de la vie ?  Le temps peut être lent et formidablement vivant.Dans une vie minutée, comment retrouver ce dont nous avons fondamentalement besoin ?

Par l’attente et la patience. Par le silence. Par la respiration. Si, si, c’est possible !

Bien avant nous, les Grecs, les Bouddhistes, les Arabes ont toujours conjugué vie sereine avec temps lent. Le temps lent débloque l’esprit et le coeur. Il permet de percevoir ce qui se passe dans la réalité et de garder sa capacité d’analyse. Le temps lent est aussi un atout pour rencontrer sa propre personne, mieux se connaître, mieux comprendre sa personnalité et ses difficultés. La vitesse aboutit inévitablement à une fausse personnalité fondée sur une soumission au temps.

Ralentir et savoir attendre, c’est donner toute sa valeur aux secondes de notre vie.

Alors RALENTISSEZ, rien ne presse. Prenez le temps de créer, de comprendre, d’observer la beauté de notre monde, de vous rapprocher de l’autre. De laisser aller votre esprit et de laisser parler votre coeur. De mieux vous connaître. Prenez le temps de rendre le changement possible. Soyez PATIENTS. C’est riche.

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